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Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 1/8)

Note 268 — PYRAMIDE DE JEAN CHÂTEL.

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Quels motifs pouvoient donc déterminer un prince qui, dans la bonne et la mauvaise fortune, avoit constamment montré tant de pénétration d'esprit et de force de caractère, à souffrir que, contre sa volonté, et même contre ses propres affections, une injustice aussi criante fût consommée dans ses états, par des gens qui n'avoient d'autre pouvoir que celui que ses prédécesseurs et lui-même leur avoient concédé, et qui ne pouvoient légitimement l'exercer qu'avec leur bon plaisir et sous leur protection? On a déjà pu voir par les diverses paroles échappées aux ministres et aux agents de Henri, à quel point l'embarrassoit ce parlement, si long-temps le foyer de la révolte et des guerres civiles; et qui, dans ces premiers moments où la paix venoit d'être faite entre le roi et ses sujets, demeuroit encore le point de ralliement de tous les mécontents, c'est-à-dire, tout à la fois des impies et des fanatiques. D'un côté, abusant lâchement de cette situation périlleuse où se trouvoit encore son maître et seigneur, il rendoit des arrêts, sans lui en demander congé ni advis, sans daigner même lui en donner connoissance; de l'autre, si Rome eût osé se plaindre, il levoit l'étendard du SCHISME qui n'étoit déjà que trop avancé. La politique exigeoit donc que son insolence fût soufferte, et l'abus qu'il faisoit de son pouvoir, toléré; et les considérations qui faisoient différer au roi le rappel des jésuites, sont très-bien présentées par l'historiographe déjà cité: «premièrement, dit-il, il ne le pouvoit, sans annuler l'arrêt donné fraîchement par son parlement, ce qui eût semblé alors injurieux; et avec le temps qui donne diverses faces aux affaires, l'action en pouvoit être moins odieuse. En second lieu, le roi étant aux prises avec l'Espagnol, ne se pouvoit passer du service de ses subjets religionnaires, lesquels, déjà outrés de sa conversion, l'eussent abandonné, s'il eût rappelé les jésuites.... Par une troisième considération, le roi craignoit d'offenser la reine d'Angleterre, l'alliance de laquelle lui étoit grandement nécessaire; mais après avoir mis fin aux guerres étrangères, rangé le Savoyard à la raison, étouffé la conjuration du maréchal Biron, renouvelé son alliance avec les Suisses, fermement établi la paix en son royaume, et le roi d'Écosse ayant succédé à la couronne d'Angleterre, il se résolut facilement à rappeler les jésuites[268].»

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