Note 151 — LE PALAIS DE JUSTICE.
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Ces assemblées de grands vassaux, dont nous venons de parler, et que l'on voit consacrées dès les premiers temps de la monarchie sous le nom de plaids généraux, n'étoient point d'institution royale: elles existoient de temps immémorial parmi les Francs, et ils en avoient apporté la coutume de leur pays[151]. Tous les hommes libres avoient le droit de s'y rendre et de prendre part aux délibérations, soit qu'elles eussent pour objet quelque expédition militaire, soit qu'il ne fût question que de traiter des affaires générales de la nation pendant la paix; et le soin extrême qu'avoient les rois francs de convoquer ces assemblées dans toutes les occasions importantes, prouve à quel point elles leur étoient nécessaires pour légitimer leurs actes, et combien grande étoit leur autorité[152]. «On y régloit, dit Hincmar, l'état de tout le royaume pour le courant de la nouvelle année; et ce qui avoit été réglé, rien ne pouvoit le déranger. Il n'étoit jamais permis de s'en écarter, sans une extrême nécessité qui fût commune à la totalité du royaume»[153]. À ce plaid, ajoute cet écrivain, assistoient les majeurs clercs et laïques, et les mineurs: c'est-à-dire que les seigneurs s'y faisoient accompagner de leurs vassaux[154].