Note 222 — ÉGLISES ET MONASTÈRES.
Reading edition
Au reste la loi nouvelle fut mal observée sous le règne de ce prince, parce que l'on continua d'envahir les biens du clergé, quoiqu'une autre loi eût prononcé la peine du sacrilége contre ceux qui les envahiroient[222]. Ce ne fut que sous Louis-le-Débonnaire que «les évêques et les clercs déposèrent les ceinturons et baudriers d'or, les glaives ornés de pierreries, les éperons et les habits précieux[223].» Essayant alors de revenir au premier moyen qu'ils avoient employé pour leur défense, ils imaginèrent de choisir parmi les fidèles du roi des chefs auxquels ils confioient la conduite de leurs vassaux; ces chefs reçurent le nom d'avoués[224] des églises. Ce moyen, sans doute plus conforme aux maximes de l'Évangile, et le seul que, dans des circonstances ordinaires et communes, il leur eût été permis d'employer, ne pouvoit suffire encore à protéger leur foiblesse, au milieu de l'impuissance des lois et de ce désordre politique où la France continuoit d'être plongée. La création des avoueries eut un résultat à peu près semblable à la séparation qui avoit été opérée sous Charles Martel; et ces avoués n'étoient en effet, sous un autre nom, que ces capitaines qui l'avoient alors si violemment dépouillée. Le même principe amena donc et nécessairement des conséquences toutes semblables. Les bénéficiers cessèrent de rendre hommage aux évêques, dès que ceux-ci eurent cessé de porter les armes, et ne reconnurent plus que leurs avoués; l'hérédité des fiefs ayant commencé à s'introduire, vers cette époque, un grand nombre d'avoués se firent les suzerains de ces vassaux qui ne leur appartenoient pas; et ce ne fut que par l'extinction des familles qui possédoient les avoueries, et par les donations qui lui furent faites postérieurement à l'établissement de l'hérédité, que les églises recouvrèrent les biens et les vassaux qui leur avoient été une seconde fois enlevés.