Note 145 — SECTION SECONDE.
Reading edition
Il ne faut pas pousser trop loin les rapports, souvent intimes, qui existent entre l'imitation et le pastiche, sinon on arriverait à dire avec Macrobe, que Virgile dans sa description de la ruine de Troie, et de son cheval de bois, ne donne qu'un pastiche de Pisandre qu'il a copié assez littéralement. Il en serait de même du 4me livre de l'Enéïde, qui n'est guère qu'une décalque de l'amour de Médée pour Jason, dans le 4me livre des Argonautiques d'Apollonius. La couleur et presque tous les traits du tableau de la peste du 3me livre des Géorgiques sont pris dans la description qu'en a faite Lucrèce, dans son 6me livre.
Au commencement de l'Enéïde la tempête et les plaintes de Vénus à Jupiter sont une véritable imitation-pastiche du 1er livre de la guerre Punique de Nevius.
Ainsi parle Macrobe, qui continue cet examen pendant près de 250 pages in 8º, dans le 5me et 6me livres de ses Saturnales.