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Supercheries littéraires

Note 140 — SECTION SECONDE.

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Nous disons la plupart, parceque les anciens seuls occuperaient un fort volume en ce genre, et les modernes, au moins trois ou quatre. Chez les premiers, par exemple, à commencer par Homère, qu'on lise le 3me livre de la Science Nouvelle, de Vico "De la découverte du véritable Homère," et l'on verra que de pages il faudrait consacrer aux Rapsodes dont les chants divers ont formé l'Iliade et l'Odyssée.

Tous les savants sont persuadés aujourd'hui que les différentes productions publiées sous le nom de l'antique Orphée, ne sont pas de lui. Platon, dans sa République, s'exprime avec mépris sur ces poèmes que des charlatans décoraient des noms d'Orphée et de Musée. Onomacrite, au rapport d'Hérodote, était un faussaire de profession. Saint Clément d'Alexandrie lui attribue les poèmes d'Orphée. Boxhorn et Barthius n'ont-ils pas attribué à un poète ancien, la satire de Lite, du chancelier L'Hôpital?

Qui n'a pas entendu parler de Phalaris, tyran d'Agrigente, dont les célèbres épîtres, écrites six cents ans avant Jésus-Christ, dans le dialecte attique usité sous les Antonins, ont donné lieu à la controverse remarquable entre le savant Bentley et Charles Boyle? Déjà Photius les regardait comme apocryphes, et les raisons qu'en donna Bentley, ont été analysées avec élégance par Hippolyte Rigault dans son histoire de la querelle des anciens et des modernes.

Les curieux pourront encore trouver dans cette dissertation de Bentley, l'examen des fausses lettres de Thémistocle, d'Euripide, de Socrate, et des fables Esopiques.

Du même genre est la lettre d'Alexandre à Olympias et à Aristote, sur les merveilles de l'Inde, qui a joui si longtemps d'une étrange autorité, et que Berger de Xivrey a insérée dans ses Traditions Tératologiques.

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