Note (retour) — PARIS,
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Je m'efforçais en vain de faire comprendre à ma fille combien, sous tous les rapports, ce mariage était loin de pouvoir la rendre heureuse; sa tête était trop exaltée pour qu'elle voulût s'en rapporter à ma tendresse et à mon expérience. D'un autre côté, les personnes qui avaient résolu d'obtenir mon consentement employaient tous les moyens pour me l'arracher. On venait me dire que M. Nigris enlèverait ma fille et qu'ils se marieraient sur les grands chemins. Je croyais peu à cet enlèvement et à ce mariage clandestin, car M. Nigris n'avait point d'argent 7, et la famille qui le protégeait n'en avait pas trop pour elle-même. On me menaçait de l'empereur, et je répondais: «Je lui dirai que les mères ont des droits plus vrais et plus anciens que ceux de tous les empereurs du monde.» Une chose inconcevable, c'est que la cabale montée contre moi espérait tellement me faire céder à la persécution, que l'on me parlait déjà de la dot. Comme on me croyait fort riche, je me rappelle que l'ambassadeur de Naples vint me voir, et me demanda pour ce mariage une somme qui dépassait de beaucoup ce que je possédais: car on sait que j'avais quitté la France avec quatre-vingts louis dans ma poche, et qu'une partie des économies que j'avais faites depuis ce temps venait de m'être enlevée sur la banque de Venise.