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Souvenirs de Madame Louise-Élisabeth Vigée-Lebrun, Tome second

Note (retour) — AVANT-PROPOS (continued 4)

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Tous ces bienfaits sont dus à Catherine seule; car elle n'a jamais accordé à personne aucune véritable autorité; elle dictait elle-même les dépêches à ses ministres, qui n'étaient réellement que ses secrétaires. On raconte que la comtesse de Bruce, qui long-temps a été son amie intime, lui disait un jour:--Je remarque que les favoris de Votre Majesté sont bien jeunes.--Je les veux ainsi, répondit-elle: s'ils étaient d'un âge raisonnable, on dirait qu'ils me gouvernent. Zouboff, en effet, qui fut le dernier, avait tout au plus vingt-deux ans. Il était grand, mince, bien fait, et il avait des traits réguliers. Je l'ai vu pour la première fois à un bal de la cour, donnant le bras à l'impératrice, qui se promenait. Il portait à sa boutonnière le portrait de Catherine, entouré de superbes diamans, et elle paraissait le traiter avec une grande bonté; néanmoins on s'accordait à dire que celui de ses favoris qu'elle avait le plus aimé, était Lanskoi. Elle le pleura long-temps. Elle lui avait fait élever un tombeau près du château de Czarskozelo, où l'on m'a assuré qu'elle allait très souvent seule, au clair de lune. Au reste, Catherine-le-Grand, comme l'appelle le prince de Ligne, s'était fait homme; on ne peut parler de ses faiblesses que comme on parle de celles de François Ier ou de Louis XIV, faiblesses qui n'influèrent nullement sur le bonheur de leurs sujets 36.

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