Note (retour) — AVANT-PROPOS (continued 4)
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On vivait si heureux sous le règne de Catherine, que je puis affirmer avoir entendu bénir, par les petits comme par les grands, celle à qui la nation devait tant de gloire et tant de bien-être. Je ne parlerai point de conquêtes dont l'orgueil national était si prodigieusement flatté, mais du bien réel et durable que cette souveraine a fait à son peuple. Durant l'espace de trente-quatre ans qu'elle a régné, son génie bienfaisant a créé ou protégé tout ce qui était utile, comme tout ce qui était grandiose. On la voyait ériger à la mémoire de Pierre Ier un monument immortel, faire bâtir deux cent trente-sept villes en pierres, disant que les villages en bois qui brûlaient si souvent lui coûtaient beaucoup; couvrir la mer de ses flottes; établir partout des manufactures et des banques, si propices au commerce, à Pétersbourg, à Moscou et à Tobolsck; accorder de nouveaux priviléges à l'Académie; fonder des écoles dans toutes les villes et les campagnes; faire creuser des canaux; élever des quais de granit; donner un code de lois; enfin, introduire l'inoculation que sa volonté puissante était seule capable de faire adopter par les Russes 35.