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Sésame et les lys

Note 36 — JOHN RUSKIN

Marcel Proust translation

Notez soigneusement cette phrase et comparez avec The queen of the air, § 106. (Note de l'auteur.)

Voici le passage auquel renvoie Ruskin:

«Nous voici loin de l'architecture d'Abbeville. J'ai émis ici deux assertions; la première donnait comme base à l'art la nature morale; la seconde, à la nature morale, la guerre. Je dois maintenant rendre plus claires—et prouver—ces deux affirmations. D'abord, en ce qui concerne la nature morale considérée comme la base de l'art. Sans doute le don artistique et la bonté du caractère sont deux choses distinctes; un homme bon n'est pas nécessairement un peintre, et une vision de coloriste n'implique pas de valeur morale. Mais le grand art implique l'union de ces deux pouvoirs: il n'est que l'expression, par un tempérament doué, d'une âme pure. S'il n'y a pas de don, il n'y a pas d'art du tout, et s'il n'y a pas d'âme—bien plus, pas d'âme droite—l'art est inférieur, fût-il habile.» Le contraire de cette assertion (un contraire qui finirait peut-être par se rencontrer avec elle, si on prolongeait les deux pensées non pas jusqu'à l'infini, mais jusqu'à une certaine hauteur) a été exprimé avec beaucoup de grâce par Whistler dans son Ten o'clock.—Se rappeler aussi le passage des Stones of Venice sur une archivolte de Saint-Marc dessinée par un artiste inconnu: «J'ai foi que l'homme qui a dessiné cette archivolte et s'en est enchanté a vécu heureux, sage et saint.»

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