Note 14 — XXXVII MOTRIL ET MALAGA
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On en a inondé les marchés français, tandis que nos vignerons voyaient avec douleur leurs excellents vins naturels leur rester pour compte dans leurs caves.
La sophistication, une fois en train, ne s’est pas limitée au commerce extérieur. On fabrique également des vins artificiels pour la consommation de Madrid et des autres grandes villes, ainsi que l’a démontré le laboratoire municipal, dont les analyses ont signalé dans ces vins la présence de l’alcool amylique et d’autres substances étrangères au jus de la treille et généralement nuisibles. L’extrême bon marché de l’alcool allemand facilite ces abus, et bien d’autres abus encore, qui, non seulement compromettent la santé publique, mais nuisent à la consommation des vins naturels et ruinent le vigneron. La spéculation éhontée trouve évidemment plus commode et plus avantageux d’acheter une barrique d’alcool que huit barriques de vin, et avec cette barrique d’alcool, de l’eau et d’autres ingrédients, elle fabrique, sans tomber sous le coup des exigences fiscales, dix ou douze barriques de vin (?). Ce qui lui vaut un double bénéfice, puisque l’eau ne coûte rien et que le fabricant n’a point eu de droits d’entrée à payer.
Que sera-ce, quand le bon marché des alcools industriels étrangers s’aggravera de la prime de 60 francs par hectolitre que le gouvernement allemand accorde à l’exportation ?
On frémit en pensant aux difficultés et aux embarras qui menacent notre commerce… Tandis que l’Allemagne s’indemnisera de ses primes avec les millions gagnés sur les nations qui lui prennent ses alcools industriels, et principalement sur l’Espagne, nous verrons dépérir, de jour en jour, notre production vinicole, diminuer nos affaires avec l’étranger, augmenter, par conséquent, la crise agricole, industrielle, commerciale et monétaire !
(El Liberal.)