Note A — XV
Reading edition
Q’aurait dit M. le curé, s’il eut appris qu’un poète contemporain, M. Pierre Gauthiez, a consacré l’erreur trop répandue! Selon lui, une Marie l’Égyptienne vint en Camargue dans la barque des Saintes.... Quand elles eurent abordé, il fallut payer le passage au batelier dévoué qui les avait aidées à faire la traversée prodigieuse. L’une lui donna un brin de romarin qui avait touché les lèvres du Christ; l’autre une boucle de ses blonds cheveux.... Et quant à la troisième....
L’Égyptienne au doux œil sombre, Debout auprès d’un olivier, Regarda le beau batelier. Elle prit son voile de lin, Et découvrit sa chair de vierge, Pure et luisante, ainsi qu’un cierge Sous le soleil à son déclin. Elle fut toute nue, et comme Sur le sable roux, le jeune homme S’agenouillait, la lèvre en feu, Tendant ses bras comme vers Dieu, La sainte, sans robe ni voiles, Pareille aux célestes étoiles, Lui dit: «Tu vois, mon batelier, Je n’ai que Moi pour te payer!»