Note 217 — RELATION DES CHOSES DE YUCATAN. (continued 5)
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C’était encore, suivant Cogolludo, la plus belle des pyramides de Tihóo, et Montejo, avant de la donner aux franciscains, avait eu l’intention d’y bâtir une citadelle. (Hist. de Yucatan, liv. V, cap. 5.) Ce monastère fut fondé en 1547. «Il est situé, dit-il ailleurs, sur une petite colline, de celles qu’il y avait en grand nombre et faite de main d’homme dans ce pays, et il s’y trouvait plusieurs édifices antiques, dont les vestiges existent encore aujourd’hui sous le dortoir principal. (Lib IV, cap. 12.)» En 1669, le besoin d’avoir une forteresse à Mérida, pour soutenir, en cas de révolte des Indiens, une attaque imprévue de leurpart, s’étant fait sentir de nouveau, le gouverneur don Rodrigo Florez Aldana exhaussa les murs qui entouraient le couvent des franciscains, et en prit une partie pour y loger des soldats, malgré les réclamations des religieux. Voici comme en parle un écrivain yucatèque moderne: «Le site marqué d’abord pour y ériger un château, fut donné aux franciscains qui y bâtirent un labyrinthe de fabriques unies les unes aux autres au moyen de galeries, de passages étroits et même de souterrains, œuvre d’années diverses et de différents provinciaux. Dans cet entassement confus de demeures, il ne règne aucun goût, et dans ces constructions faites partiellement, on ne consulta jamais aucune des règles architectoniques. Aujourd’hui, cependant, que tout cela n’est plus qu’un triste amas de ruines abandonnées au cœur même de Mérida, l’aspect qu’il présente n’en est pas moins imposant et majestueux. (Apendice al libro IV de la Hist. de Yucatan, Campeche, 1842.) Norman et Stephens parlent longuement dans leurs ouvrages des ruines de ce monastère, d’où les religieux, au nombre de trois cents, furent chassés en 1820. C’est en contemplant leur étendue et leur immensité qu’on peut se faire une idée des édifices qui les couvraient avant la venue des Espagnols, dont l’œuvre n’a pas duré trois cents ans. Sans le savoir, Stephens rappelle dans un paragraphe les vestiges des édifices antiques qui y existaient encore au temps de Cogolludo: «Dans un des cloîtres inférieurs, dit-il, sortant du côté du nord, et sous le dortoir principal, il y a trois corridors parallèles. Le corridor extérieur fait face à la cour principale, et on y trouve précisément de ces voûtes particulières dont j’ai si souvent parlé dans mes volumes précédents, deux côtés s’élevant de manière à se rencontrer, et couvertes, à peu de distance l’une de l’autre, d’une rangée de pierres plates qui en sont la clef. Il ne peut y avoir aucune erreur sur le caractère de cette voûte; car on ne peut supposer un seul instant que les Espagnols aient rien construit de si différent des règles ordinaires de l’architecture, et il n’y a pas le moindre doute que c’était là un de ces mystérieux édifices qui ont fait naître tant de spéculations.» (Incidents of travel in Yucatan, vol. I, chap. 5.) N’est-ce pas le cas de répéter ici avec Norman: «Les caciques et le peuple furent chassés de leurs demeures; ils périrent sous les coups impitoyables de l’envahisseur, avec qui l’Église vint prendre sa part des dépouilles. Où sont-ils maintenant? vainqueurs et vaincus sont ensevelis dans la même poussière! Et nous contemplons aujourd’hui les pierres éparses qui rappellent indistinctement la grandeur de l’un et la ruine de l’autre.» (Norman, Rambles in Yucatan, etc., chap. II.)