Note 110 — RELATION DES CHOSES DE YUCATAN. (continued 2)
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«Au temps de leur idolâtrie, ils dansaient et encore actuellement ils dansent et chantent suivant l’usage des Mexicains: ils ont un chanteur principal qui donne le ton et enseigne ce qu’il faut chanter; ils le vénèrent et le respectent, lui donnant sa place à l’église, dans les fêtes et assemblées. Ils le nomment Holpop, et c’est à ses soins que sont confiés les tambours ou tunkules et autres instruments de musique, tels que flûtes, trompettes, conques marines et autres choses dont ils se servent. Le tunkul (en mexicain teponaztli) est de bois creux, et il y en a de si grands qu’on en entend le son à deux lieues de distance, quand vient le vent du même côté. Ils chantent avec ces instruments leurs fables et leurs antiquités. Ils avaient et ils ont encore des comédiens qui représentent les fables et les histoires antiques, que je crois qu’il serait bon de leur ôter, au moins les costumes avec lesquels ils les représentent; car, à ce qu’il paraît, ils sont comme ceux de leurs prêtres idolâtres... Ils mettent de la grace dans les plaisanteries et les bons mots qu’ils adressent à leurs anciens et aux juges, figurant leur rigueur, leur ambition ou leur avarice, imitant leurs gestes et leurs manières, disant les vérités à leur propre curé, devant lui-même, souvent dans un seul mot. Mais pour les comprendre, il faut bien posséder leur langue et être très-attentif. Ces représentations sont d’ailleurs fort dangereuses, surtout si elles ont lieu de nuit dans leurs maisons; car Dieu sait ce qui s’y passe. Balzam est le nom qu’ils donnent à ces comédiens et par extension à l’homme d’esprit, au bouffon; car ils imitent aussi fort bien les oiseaux dans ces représentations.» (Cogolludo, Hist. de Yucatan, lib. IV, cap. 5.)