Note 90 — CHAPITRE IV.
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Une jeune Bédouine, demeurant dans un camp d’Arabes voisin d’un village d’Égypte, avait des liaisons avec le fils d’un Fellah. Aveuglés par une passion mutuelle, les deux amants, sans réfléchir à la barrière insurmontable qui s’opposait à leur union, profitaient des ombres de la nuit pour se voir furtivement. Une indiscrétion trahit leur amour clandestin ; épiés, ils furent bientôt surpris : aussitôt les parents de la jeune Bédouine s’emparent du couple infortuné, et, ce que l’on ne peut dire sans horreur, excités par leur féroce orgueil, ils plongent indistinctement le poignard dans le sein des deux victimes ; ils mutilent leurs corps, et les membres palpitants, confondus par une union atroce, sont jetés dans le Nil !
Une pareille action peut donner une idée de l’excessif orgueil des Bédouins en général ; mais je dois faire remarquer qu’elle a été commise par des Arabes qui, ayant quitté le désert, croient racheter les antiques vertus qu’ils ont abandonnées avec lui, en se montrant plus fiers encore de leur origine.