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Reconnaissance au Maroc, 1883-1884 (Texte)

Note 21 — PREMIÈRE PARTIE.

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Le chef de la zaouïa de Sidi Edris, qui porte le titre de moqaddem de cette zaouïa, n’est ni un descendant de Sidi Edris ni un cherif. C’est le chef d’une maison où la dignité de moqaddem de la zaouïa se perpétue de père en fils depuis un temps très reculé. Il y a deux principales zaouïas de Sidi Edris : l’une au Djebel Zerhoun, où est enseveli Sidi Edris le père, celui qui vint d’Orient s’établir au Maroc ; l’autre à Fâs, où est enterré le fils du précédent, Sidi Edris, fondateur de Fâs. Cette dernière est la plus importante de beaucoup. C’est là que réside le grand moqaddem. Un de ses parents dirige la zaouïa du Zerhoun. Le moqaddem est, nous venons de le voir, plus puissant en bien des lieux que le sultan : c’est un homme de grand poids au Maroc. Sa famille est depuis longtemps plus vénérée que celle des descendants mêmes de Moulei Edris. Cependant il donne à ces derniers une partie des offrandes qu’apportent les pèlerins à la zaouïa. Les cadeaux en nature, grains, tissus, etc., ainsi que ce qu’on lui remet personnellement, demeurent sa propriété particulière. Mais outre ces dons il existe deux troncs où les dévots glissent des offrandes : le contenu de ces troncs est distribué intégralement par lui entre un certain nombre de familles descendant de Moulei Edris. La postérité de ce dernier est fort nombreuse ; mais ne sont admises à participer à ce revenu de la zaouïa que deux classes : 1o les familles résidant à Fâs et à Meknâs, au nombre d’une soixantaine ; 2o celles qui font partie de la descendance de Moulei Ạbd es Selam ben Mechich, et qui demeurent soit dans les environs de Fâs, soit dans le Rif, soit dans la région de Tétouan. C’est le moqaddem qui remet à chaque maison la part à laquelle elle a droit. Le moqaddem actuel est un homme d’âge moyen. Il se nomme Sidi Er Râmi. Mais dans le peuple on ne l’appelle que Sidi Edris. Depuis longtemps on désigne de ce nom tous les moqaddems successifs de la zaouïa.

Sur la zaouïa de Moulei Edris, voir Ali Bey, t. I, chap. XI.

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