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Reconnaissance au Maroc, 1883-1884 (Texte)

Note 58 — PREMIÈRE PARTIE. (continued 4)

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Les principales espèces de dattes que produit le Sahara Marocain sont, par ordre de mérite : les bou iṭṭôb, les bou feggouç, les bou sekri, les djihel, les bou souaïr. Les bou iṭṭôb sont très petites, avec un noyau presque imperceptible ; le goût en est délicat : ce sont les dattes qui se conservent le mieux ; jamais, dit-on, les vers ne les attaquent. Les bou feggouç sont grosses ; elles sont aussi très bonnes et très recherchées. Les bou sekri sont de taille moyenne, et fort sucrées, comme l’indique leur nom ; elles ont une couleur particulière, d’un gris vert, tandis que les autres ont les tons dorés qu’on voit habituellement aux dattes. Les djihel sont de même dimension, à noyau assez gros ; elles sont beaucoup moins estimées que les trois premières espèces, excepté celles qui viennent de Tisint ; les dattiers qui les produisent ont une quantité énorme de fruits : de cette exubérance est venu leur nom. Les bou souaïr sont fort au-dessous des dattes précédentes ; elles sont petites et ont peu de chair ; on les mange à peine ; elles servent surtout à la nourriture des bestiaux. Le nom de bou souaïr s’applique d’ailleurs, dans tout le sud, moins à une datte spéciale qu’à toute datte de rebut, de mauvaise qualité ou non parvenue à maturité, et peu propre à l’alimentation des hommes. Ces diverses espèces sont mélangées dans les oasis ; dans toutes, une d’elles domine : à Tisint, ce sont les djihel ; à Tatta, ce sont les bou feggouç, à Aqqa les bou sekri, sur le versant méridional du Petit Atlas les bou souaïr, dans le Dra les bou feggouç, dans le bassin du Ziz les bou feggouç et les bou souaïr.

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