Note 78 — CHRONOLOGIE DES BABYLONIENS.
Reading edition
La circonstance des 2,000,000 d’ouvriers levés par corvée, suggère une observation: ce fut un spectacle étrange que cette réunion d’hommes, divers de couleur de peau, de formes de vêtement, d’habitudes d’actions, de culte, et surtout de langage. Plus de 80 dialectes ont dû se parler dans le vaste empire de Sémiramis. L’Asie retentit des récits de ce fait romanesque, brodé par l’imagination arabe: peut-être a-t-il engendré le conte de la confusion des langues survenue aux constructeurs de la tour de Babel, ainsi que nous l’avons dit, partie Ire, page 147. Nous ajoutons qu’il est probablement aussi la source de l’origine vicieuse que les Juifs donnent au mot Babylon. Selon eux Babyl signifie confusion: cela ne se trouve dans aucun dictionnaire hébreu, arabe, etc. Mais comme en hébreu le mot confusio (turba mixta hominum) s’exprime par le mot arab, et que les indigènes de Babel étaient des Arabes, il est probable que le sens d’un mot a passé à l’autre, surtout quand la loi défendait aux Juifs de prononcer le nom des dieux étrangers, dont Babel était un composé: Ba-bel, palais de Bel. La ville phénicienne appelée par les Grecs Bybl-os, plus ancienne que Sémiramis, s’appelle en langage oriental, Babel: dira-t-on qu’il s’y est fait aussi une confusion de langues?