Note 143 — CHRONOLOGIE DES BABYLONIENS.
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Notre époque de Sémiramis trouve un appui singulier dans un passage de Porphyre, que cite Eusèbe, Prœp. evang., lib. I, pag. 30. Selon Porphyre, «l’historien phénicien Sanchoniaton avait fleuri avant la guerre de Troie, dans un siècle rapproché de Moïse, ainsi que l’on pouvait s’en convaincre par les Annales des rois phéniciens: et il avait été contemporain de Sémiramis, que l’on place très-peu de temps avant la guerre (ou prise) de Troie, ou même parallèlement.»
Sur ce texte nous remarquons que la plupart des écrivains grecs placent cette prise l’an 1184 avant notre ère: dans nos calculs le règne de Sémiramis a eu lieu depuis 1195 jusqu’en 1180: on voit que le synchronisme est complet, et il est d’autant plus concluant, que Porphyre nous le donne comme le résultat des 3 chronologies assyrienne, phénicienne et grecque, comparées entre elles. Les interpolations de Ktésias se trouvent ici jugées et rejetées.
Ce même fragment de Porphyre donne lieu à une autre combinaison singulière: cet écrivain dit «que Sanchoniaton, pour mieux s’assurer de la vérité des faits, consulta de très-anciens monuments ammonites, et un certain Ierombal juif, prêtre du dieu Ieou.»
En parcourant les livres juifs, nous trouvons l’un des juges spécialement désigné par le surnom de Ierobaal (ennemi de Baal); ce juge est Gédéon, qui, à titre de prophète envoyé de Dieu, mérite aussi le nom de prêtre: Gédéon nous serait donc indiqué ici comme ayant gouverné jusque vers l’an 1190 et au-dessus: sa fin aurait précédé de 50 à 60 ans l’avènement de Héli en 1131. La liste informe que nous avons critiquée à l’article des Juges (première partie des Recherches nouvelles), en présente beaucoup plus, comme on le voit ici.
Gédéon-Ierobaal meurt vers 1190.
Abimeleck règne3 ans.
Thola.
Iaïr gouverne22
Total25ans.
Servitude sous les Ammonites et les Philistins,18 ans.
Jephté6 ans.
Abesan7
Ahîalon10
Abdon8
Total31
Servitude sous les Philistins40ans.
Samson20
Héli, juge en l’an 1131.
Écartons le fabuleux Samson; admettons, avec plusieurs chronologistes, que les 40 ans de servitude sous les Philistins, ont été parallèles aux 40 ans de Héli: déjà nous n’aurons que 28 à 30 ans depuis ce grand-prêtre, en 1131, jusqu’à Jephté, qui aura géré vers 1166. D’autre part, entre Jephté et Gédéon, Josèphe n’admet point Thola; la servitude sous les Ammonites et les Philistins a pu n’affecter que quelques tribus, tandis que Iaïr gouvernait les autres. Il ne resterait donc que 25 ans entre Jephté et Gédéon, qui serait mort vers 1190; et comme les indications de Porphyre ne sont pas précises, Gédéon peut être reculé jusque vers 1200. Ce ne sont là que des hypothèses, dira-t-on; mais l’autorité de Porphyre, qui, de l’aveu même de ses ennemis, fut un savant écrivain, est faite pour balancer ici celle d’une compilation indigeste, surtout lorsque Porphyre s’appuie de monuments positifs, réguliers, dont les expressions s’accordent avec les raisonnements que nous avons formés sur d’autres bases et par d’autres moyens.