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Recherches nouvelles sur l'histoire ancienne, tome I

Note 308 — CHRONOLOGIE D'HÉRODOTE. EMPIRE ASSYRIEN DE NINIVE. (continued 2)

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Voyez le Syncelle, page 167. A cette occasion, le Syncelle fait une remarque importante sur la manière dont Eusèbe a dressé ses tableaux comparatifs: «Eusèbe, dit-il, en approuvant l'opinion de Castor, qui renferme l'empire assyrien dans une durée de 1280 ans, ne lui en donne pas moins celle de 1300, avec le nombre de 36 rois. Son motif a été de couvrir l'erreur où il s'est laissé induire sur le temps écoulé entre le déluge et Abraham, par divers faux raisonnements, entre autres par l'omission qu'il fait du nom et des années du Caïnan, 13e depuis Adam, selon Luc (st.), etc.»

Ici le Syncelle nous révèle son propre secret et celui de tous les anciens auteurs dits ecclésiastiques, qui, à l'exemple du prêtre Africanus, leur modèle, ont pris pour base de tous leurs calculs la création du monde selon les Juifs, et ont commis la faute ridicule de partir d'un point aérien par lui-même et non fixé dans leur propre système (puisque les textes grec et hébreu diffèrent de plus de 1500 ans), pour descendre, comme en ballon, d'un temps inconnu au connu, quand le plus simple bon sens prescrivait de partir des temps connus et certains, pour remonter, d'échelon en échelon, à ceux qui le sont le moins: dans le cas présent, ayant d'abord adopté sans examen le système de Ktésias, et trouvant que tel nombre d'années plaçait Ninus vers le temps d'Abraham, ces calculateurs mécaniques descendent tête baissée à travers toutes les difficultés, même celles de la période des juges, pour aboutir, sans savoir comment, aux rois de Ninive et de Babylone, cités par les Hébreux. Le Syncelle reproche à Eusèbe d'avoir substitué le nombre 1300 (et cependant notre liste d'Eusèbe porte 1239) aux 1280 de Castor, et lui-même, suivant la trace d'Africanus, a porté à 1460 ans la durée de l'empire assyrien, par l'introduction arbitraire de quatre rois inconnus de tous les anciens. Avec ces inexactitudes et ces infidélités renouvelées à chaque instant, et communes à tous les anciens auteurs ecclésiastiques, l'on ne peut avoir aucune confiance en leurs assertions, et l'on ne doit en avoir qu'une très-circonspecte dans les citations qu'ils nous donnent.

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