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Psychologie des foules

Note 21 — CHAPITRE IV

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L'évolution qui s'est ainsi opérée depuis vingt-cinq ans est frappante. À l'époque précédente, peu éloignée pourtant, les opinions possédaient encore une orientation générale; elles dérivaient de l'adoption de quelque croyance fondamentale. Par le fait seul qu'on était monarchiste, on avait fatalement, aussi bien en histoire que dans les sciences, certaines idées très arrêtées; et, par le fait seul qu'on était républicain, on avait des idées tout à fait contraires. Un monarchiste savait pertinemment que l'homme ne descend pas du singe, et un républicain savait non moins pertinemment qu'il en descend. Le monarchiste devait parler de la Révolution avec horreur, et le républicain avec vénération. Il y avait des noms, tels que ceux de Robespierre et de Marat, qu'il fallait prononcer avec des mines de dévot, et d'autres noms, tels que ceux de César, d'Auguste et de Napoléon qu'on ne devait pas articuler sans les couvrir d'invectives. Jusque dans notre Sorbonne, cette naïve façon de concevoir l'histoire était générale21.

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