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Psychologie des foules

Note 14 — CHAPITRE II

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L'opinion des foules était formée, dans ce cas, par ces associations grossières de choses dissemblables dont j'ai précédemment exposé le mécanisme. Notre garde nationale d'alors, étant composée de pacifiques boutiquiers sans trace de discipline, et ne pouvant être prise au sérieux, tout ce qui portait un nom analogue éveillait les mêmes images, et était considéré par conséquent comme aussi inoffensif. L'erreur des foules était partagée alors, ainsi que cela arrive si souvent pour les opinions générales, par leurs meneurs. Dans un discours prononcé le 31 décembre 1867 à la Chambre des députés, et reproduit par M. E. Ollivier dans un livre récent, un homme d'État qui a bien souvent suivi l'opinion des foules, mais ne l'a jamais précédée, M. Thiers, répétait que la Prusse, en dehors d'une armée active à peu près égale en nombre à la nôtre, ne possédait qu'une garde nationale analogue à celle que nous possédions et par conséquent sans importance; assertions aussi exactes que les prévisions du même homme d'État sur le peu d'avenir des chemins de fer.

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