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Principes de la Philosophie de l'Histoire

Note 71 — LIVRE TROISIÈME. DÉCOUVERTE DU VÉRITABLE HOMÈRE.

Jules Michelet translation

Nous accorderons, d'abord, comme il est juste, qu'Homère a dû suivre les sentimens vulgaires, et par conséquent les mœurs vulgaires de ses contemporains encore barbares; de tels sentimens, de telles mœurs fournissent à la poésie les sujets qui lui sont propres. Passons-lui donc d'avoir présenté la force comme la mesure de la grandeur des dieux; laissons Jupiter démontrer, par la force avec laquelle il enlèverait la grande chaîne de la fable, qu'il est le roi des dieux et des hommes; laissons Diomède, secondé par Minerve, blesser Vénus et Mars; la chose n'a rien d'invraisemblable dans un pareil système; laissons Minerve, dans le combat des dieux, dépouiller Vénus et frapper Mars d'un coup de pierre, ce qui peut faire juger si elle était la déesse de la philosophie dans la croyance vulgaire; passons encore au poète de nous avoir rappelé fidèlement l'usage d'empoisonner les flèches[71], comme le fait le héros de l'Odyssée, qui va exprès à Ephyre pour y trouver des herbes vénéneuses; l'usage enfin de ne point ensevelir les ennemis tués dans les combats, mais de les laisser pour être la pâture des chiens et des vautours.

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