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Principes de la Philosophie de l'Histoire

Note 35 — LIVRE SECOND. DE LA SAGESSE POÉTIQUE.

Jules Michelet translation

Originairement Jupiter fut en poésie un caractère divin, un genre créé par l'imagination plutôt que par l'intelligence (universale fantastico), auquel tous les peuples païens rapportaient les choses relatives aux auspices. Ces peuples, durent être tous poètes, puisque la sagesse poétique commença par cette métaphysique poétique qui contemple Dieu dans l'attribut de sa Providence, et les premiers hommes s'appelèrent poètes théologiens, c'est-à-dire sages qui entendent le langage des dieux, exprimé par les auspices de Jupiter. Ils furent surnommés divins, dans le sens du mot devins, qui vient de divinari, deviner, prédire. Cette science fut appelée muse, expression qu'Homère nous définit par la science du bien et du mal, qui n'est autre que la divination[35]. C'est encore, d'après cette théologie mystique que les poètes furent appelés par les Grecs, μυσται, [qu'Horace traduit fort bien par les interprètes des dieux], lesquels expliquaient les divins mystères des auspices et des oracles. Toute nation païenne eut une sybille qui possédait cette science; on en a compté jusqu'à douze. Les sybilles et les oracles sont les choses les plus anciennes dont nous parle le paganisme.

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