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Principes de la Philosophie de l'Histoire

Note 53 — LIVRE SECOND. DE LA SAGESSE POÉTIQUE.

Jules Michelet translation

4. Cette histoire des idées humaines montre jusqu'à l'évidence l'erreur de ceux qui attribuant, selon le préjugé vulgaire, une haute sagesse aux anciens, ont cru que Minos, Thésée, Lycurgue, Romulus et les autres rois de Rome, donnèrent à leurs peuples des lois universelles. Telle est la forme des lois les plus anciennes, qu'elles semblent s'adresser à un seul homme; d'un premier cas, elles s'étendaient à tous les autres, car les premiers peuples étaient incapables d'idées générales; ils ne pouvaient les concevoir avant que les faits qui les appelaient se fussent présentés. Dans le procès du jeune Horace, la loi de Tullus Hostilius n'est autre chose que la sentence portée contre l'illustre accusé par les duumvirs qui avaient été créés par le roi pour ce jugement[53]. Cette loi de Tullus est un exemple, dans le sens où l'on dit châtimens exemplaires. S'il est vrai, comme le dit Aristote, que les républiques héroïques n'avaient pas de lois pénales, il fallait que les exemples fussent d'abord réels; ensuite vinrent les exemples abstraits. Mais lorsque l'on eut acquis des idées générales, on reconnut que la propriété essentielle de la loi devait être l'universalité; et l'on établit cette maxime de jurisprudence: legibus, non exemplis est judicandum.

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