← Table of contents
Principes de la Philosophie de l'Histoire

Note 31 — LIVRE PREMIER. DES PRINCIPES.

Jules Michelet translation

Telles sont les preuves philosophiques qu'emploiera cette science. Les preuves philologiques doivent venir en dernier lieu; elles peuvent se ramener toutes aux sept classes suivantes: 1o Notre explication des fables se rapporte à notre système d'une manière naturelle, et qui n'a rien de pénible ou de forcé. Nous montrons dans les fables l'histoire civile des premiers peuples, lesquels se trouvent avoir été partout naturellement poètes. 2o Même accord avec les locutions héroïques, qui s'expliqueront dans toute la vérité du sens, dans toute la propriété de l'expression; 3o et avec les étymologies des langues indigènes, qui nous donnent l'histoire des choses exprimées par les mots, en examinant d'abord leur sens propre et originaire, et en suivant le progrès naturel du sens figuré, conformément à l'ordre des idées dans lequel se développe l'histoire des langues (axiomes 64, 65). 4o Nous trouvons encore expliqué par le même système le vocabulaire mental des choses relatives à la société[31], qui, prises dans leur substance, ont été perçues d'une manière uniforme par le sens de toutes les nations, et qui dans leurs modifications diverses, ont été diversement exprimées par les langues. 5o Nous séparons le vrai du faux en tout ce que nous ont conservé les traditions vulgaires pendant une longue suite de siècles. Ces traditions ayant été suivies si long-temps, et par des peuples entiers, doivent avoir eu un motif commun de vérité (axiome 16). 6o Les grands débris qui nous restent de l'antiquité, jusqu'ici inutiles à la science, parce qu'ils étaient négligés, mutilés, dispersés, reprennent leur éclat, leur place et leur ordre naturels. 7o Enfin tous les faits que nous raconte l'histoire certaine viennent se rattacher à ces antiquités expliquées par nous, comme à leurs causes naturelles.—Ces preuves philologiques nous font voir dans la réalité les choses que nous avons aperçues dans la méditation du monde idéal. C'est la méthode prescrite par Bacon, cogitare, videre. Les preuves philosophiques que nous avons placées d'abord, confirment par la raison l'autorité des preuves philologiques, qui à leur tour prêtent aux premières l'appui de leur autorité (axiome 10.)

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings