Note (retour) — C.-A. SAINTE-BEUVE (continued 6)
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Si nous n'avons pas à tracer ici de programme à une noble pensée, nous ne prétendons pas non plus en présenter un idéal anticipé; ce que nous voudrions, ce serait, en remerciant M. de Salvandy de son heureuse initiative, de l'y encourager, si ce mot nous est permis, et de maintenir, pour peu qu'il en fût besoin, l'idée première dans sa libre et large voie d'exécution: ce qui rapetisserait, ce qui réduirait trop cette idée, ce qui la ferait rentrer dans les routines ordinaires, en compromettrait par là même la fécondité et en tuerait l'avenir. Au reste, l'envoyé du ministre est allé, et a vu de ses yeux; il a dû rapporter des impressions vives. Le ministre de France à Athènes, M. Piscatory, aura été consulté, et sa parole comptera pour beaucoup, sans nul doute, dans une détermination à ce point intéressante pour le pays qu'il possède si bien. Le nombre des personnes qui ont visité la Grèce s'accroît chaque jour, et leur impression à toutes est que ce jeune État régénéré est dans une veine croissante d'activité et de progrès; nul autre État n'a eu plus à faire et n'a plus fait en vingt-cinq ans. Il n'y a jamais eu, nous disent de bons témoins, tant de passé, de présent et d'avenir dans un si petit espace. C'est là qu'il s'agit de jeter avec un peu de confiance, et sans trop marchander, une idée, une institution généreuse. Qu'en sortira-t-il? Avec tant de bonnes conditions en présence, nous verrons bien292.