Note (retour) — C.-A. SAINTE-BEUVE (continued 4)
Reading edition
Suivaient les pages sur la Révolution française qu'on peut lire en partie reproduites au tome Ier des Mélanges230. L'article fit du bruit, et même un peu de scandale, dans les cercles où vivait le jeune auteur. Il y avait à cela plusieurs raisons, et non pas toutes frivoles. Le fils jugeait l'Empire, et ses parents l'avaient servi. Depuis la Restauration, M. de Rémusat père était préfet, le fils lui-même semblait destiné alors à une carrière au sein de l'ordre établi231. Juger de si haut le régime d'hier, tracer si décidément la marche à celui d'aujourd'hui, c'était une grande hardiesse assurément dans un jeune homme. Et puis faire un article de journal! passe encore si c'eût été une chanson. En revanche, M. Auguste de Staël cherchait, pour le remercier, l'admirateur de sa mère; Mme de Broglie lui écrivait pour l'appeler; M. Guizot l'attirait chez lui, et M. Royer-Collard qu'il y rencontrait un soir, et devant qui on parlait de je ne sais quel ouvrage nouveau, se prit à dire de ce ton qu'on lui connaît: Je ne le relirai pas, et se retournant aussitôt vers le jeune Rémusat: Je vous ai relu, monsieur232.