Note 155 — C.-A. SAINTE-BEUVE (continued 3)
Reading edition
Note 155: (retour) Mme de Charrière, en apprenant par les journaux que l'Académie française proposerait probablement l'Éloge de Jean-Jacques Rousseau pour sujet de concours, écrivit à Marmontel, secrétaire perpétuel de l'Académie, pour s'enquérir du fait. Marmontel répondit: «Pour vous répondre, madame, il a fallu attendre et observer l'effet «de la seconde partie des Confessions. La sensation qu'elle a produite a été diverse, selon les esprits et les moeurs; mais, en général, nous sommes indulgents pour qui nous donne du plaisir. Rien n'est changé dans les intentions de l'Académie, et Rousseau est traité comme la Madeleine: Remittuntur illi peccata multa, quia dilexit multum.» Mme de Charrière concourut, en effet, pour l'Éloge de Jean-Jacques Rousseau; elle n'eut pas le prix. C'est un de ses points de contact avec Mme de Staël d'avoir traité le même sujet; mais cette concurrence littéraire entre ces deux dames fut précisément une des causes de leur brouillerie. (Note de M. Gaullieur, comme le sont au reste un grand nombre des précédentes et des suivantes. Je n'avertis plus.)