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Portraits littéraires, Tome II

Note (retour) — C.-A. SAINTE-BEUVE (continued 6)

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Gabriel Naudé est qualifié Parisien, en tête de ses livres, selon la vieille mode, Parisien comme Charron, comme Villon. Il naquit en février 1609, sur la paroisse Saint-Méry, de parents bourgeois, qui, voyant ses heureuses dispositions, le mirent de bonne heure aux études. On cite d'ordinaire ses deux maîtres de philosophie, célèbres pour le temps, Frey et Padet; mais il serait plus essentiel de rappeler ce que Guy Patin, son ami de jeunesse, nous apprend. Celui-ci, ayant à s'expliquer sur les sentiments religieux de Naudé, écrivait à Spon 224: «Tant que je l'ai pu connoître, il m'a semblé fort indifférent dans le choix de la religion et avoir appris cela à Rome, tandis qu'il y a demeuré douze bonnes années; et même je me souviens de lui avoir ouï dire qu'il avoit autrefois eu pour maître un certain professeur de rhétorique au collége de Navarre, nommé M. Belurgey, natif de Flavigny «en Bourgogne, qu'il prisoit fort...» Or, ce professeur de rhétorique se vantait notoirement d'être de la religion de Lucrèce, de Pline, et des grands hommes de l'antiquité; pour article unique de foi, on l'entendit alléguer souvent certain choeur de Sénèque dans la Troade: «Bref, ajoute Guy Patin, M. Naudé avoit été disciple d'un tel maître,» et il conclut en citant ce vers expressif du Mantouan que tous les biographes devraient méditer:

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