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Portraits littéraires, Tome II

Note (retour) — C.-A. SAINTE-BEUVE (continued 6)

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Pour le Bacon, c'est autre chose, et, si maltraité qu'il ait pu paraître du fait de notre auteur, il est de force à soutenir l'assaut. M. de Maistre n'a pas été amené d'emblée à combattre Bacon, pas plus que Voltaire. Extraordinairement frappé de la Révolution française (il faut toujours en revenir là), l'ayant jugée satanique dans son esprit, il en vint à se retourner contre Rousseau d'abord, puis surtout contre Voltaire, comme étant le grand auteur satanique et anti-chrétien. Quant à Bacon, il y mit plus de temps et de détours; il aimait évidemment à le lire et à le citer. Cette belle parole du moraliste, que la religion est l'aromate qui empêche la science de se corrompre, lui revient souvent. Pourtant, il nous l'avoue, à voir les éloges universels et assourdissants décernés à Bacon par tout le XVIIIe siècle encyclopédique, il entra en véhémente suspicion à son égard, et depuis ce moment le procès du chancelier commença. Il l'avait pincé déjà en plus d'un passage des Soirées; mais ce n'était pas incidemment qu'il pouvait avoir raison d'un tel accusé; passe pour Locke, simple bourgeois en philosophie, dont il avait fait justice en un Entretien 211.

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