Note 205 — C.-A. SAINTE-BEUVE (continued 6)
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Note 205: (retour) Il faut convenir pourtant que la phrase est telle qu'on a pu s'y méprendre; la voici un peu construite et condensée, comme l'on fait toujours lorsqu'on tire à soi: «Il faut nous tenir prêts pour un événement immense dans l'ordre divin, vers lequel nous marchons avec une vitesse accélérée qui doit frapper tous les observateurs. Il n'y a plus de religion sur la terre, le genre humain ne peut rester en cet état.... Mais attendez que l'AFFINITÉ NATURELLE DE LA RELIGION ET DE LA SCIENCE les réunisse dans la tête d'un seul homme de génie. L'apparition de cet homme ne saurait être éloignée, et peut-être même existe-t-il déjà. Celui-là sera fameux et mettra fin au XVIIIe siècle, qui dure toujours, car les siècles intellectuels ne se règlent pas sur le calendrier, comme les siècles proprement dits.... Tout annonce je ne sais quelle grande unité vers laquelle nous marchons à grands pas.» (Soirées de Saint-Pétersbourg, tome II, pages 279, 288, 294, édition de 1831, Lyon.) Cette phrase fameuse, un peu composite, je le répète, a été citée et commentée dans les Lettres d'Eugène Rodrigue, mort très-jeune, et l'un des plus vigoureux penseurs de l'école saint-simonienne.