Note (retour) — C.-A. SAINTE-BEUVE (continued 6)
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On l'a pu trouver bien dur pour les protestants; il a l'air, en vérité, de ne les admettre à aucun degré comme chrétiens, comme frères. On cite son mot presque affreux à Mme de Staël, qui le voyant à Saint-Pétersbourg, le voulut mettre sur l'Église anglicane et sur ses beautés: «Eh bien, oui, madame, je conviendrai qu'elle est parmi les Églises protestantes ce qu'est l'orang-outang parmi les singes.» Ce qui doit choquer dans ce mot n'est pas ce qui tombe sur l'Église anglicane, laquelle cumule en effet toutes les cupidités et les hypocrisies. Pourtant on peut opposer de M. de Maistre un beau et touchant passage dans le Principe générateur203. Insistant sur la nécessité d'un interprète vivant et d'un pontife de vérité: «Nous seuls, dit-il, croyons à la parole, tandis que nos chers ennemis s'obstinent à ne croire qu'à l'écriture.... Si la parole éternellement vivante ne vivifie l'écriture, jamais celle-ci ne deviendra parole, c'est-à-dire vie. Que d'autres invoquent donc tant qu'il leur plaira la parole muette, nous rirons en paix de ce faux Dieu, attendant toujours avec une tendre impatience le moment où ses partisans détrompés se jetteront dans nos bras, ouverts bientôt depuis trois siècles.» Tout ce passage est d'un bel accent.