Note (retour) — C.-A. SAINTE-BEUVE (continued 5)
Reading edition
Il raille de ce bon rire, qui s'essaye d'abord comme en famille, ses compatriotes devenus les citoyens tricolores, et se moque des raisonnements sur les assignats: «Lorsque je lis des raisonnements de cette force, je suis tenté de pardonner à Juvénal d'avoir dit en parlant d'un sot de son temps: Ciceronem Allobroga dixit188; et à Thomas Corneille d'avoir dit dans une comédie en parlant d'un autre sot: Il est pis qu'Allobroge.» Mais déjà il passe à tout moment la frontière et ne se retient pas sur le compte de la grande nation: «Quand on voit ces prétendus législateurs de la France prendre des institutions anglaises sur leur sol natal et les transporter brusquement chez eux, on ne peut s'empêcher de songer à ce général romain qui fit enlever un cadran solaire à Syracuse et vint le placer à Rome, sans s'inquiéter le moins du monde de la latitude. Ce qui rend cependant la comparaison inexacte, c'est que le bon général ne savait pas l'astronomie.»