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Portraits littéraires, Tome II

Note (retour) — C.-A. SAINTE-BEUVE (continued 5)

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Il achevait ses études en 1827, et déjà la poésie le possédait tout entier. Dijon et ses antiquités héroïques, et cette fraîche nature peuplée de légendes, emplissaient son coeur. Les bords de la Suzon et les prairies de l'Armançon le captivaient. La nuit, aux grottes d'Asnières, bien souvent, lui et quelques amis allaient effrayer les chauves-souris avec des torches et pratiquer un gai sabbat. Un journal distingué paraissait alors à Dijon et y tentait le même rôle honorable que remplissait le Globe, à Paris. Le Provincial, rédigé par M. Théophile Foisset (l'historien du président de Brosses), surtout par Charles Brugnot, poëte d'une vraie valeur, enlevé bien prématurément lui-même en septembre 1831, ouvrit durant quelques mois ses colonnes aux essais du jeune Bertrand164. Je retrouve là le premier jet et la première forme de tout ce qu'il n'a fait qu'augmenter, retoucher et repolir depuis. C'est dans ce journal qu'il dédiait à l'auteur des Deux Archers, à l'auteur de Trilby, les jolies ballades en prose dont la façon lui coûtait autant que des vers. Les vers non plus n'y manquaient pas; je lis, à la date du 10 juillet, la Chanson du Pèlerin qui heurte, pendant la nuit sombre et pluvieuse, à l'huis d'un châtel; elle était adressée au gentil et gracieux trouvère de Lutéce, Victor Hugo, et pouvait sembler une allusion ou requête poétique ingénieuse:

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