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Portraits littéraires, Tome II

Note 169 — C.-A. SAINTE-BEUVE (continued 5)

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Note 169: (retour) On peut rapprocher celle page de Bertrand de la pièce célèbre du poëte Burns: Le Samedi soir dans la chaumière. On verrait en quoi cette dernière, indépendamment de la forme poétique, reste encore très-supérieure. Car, là où Bertrand veut être surtout pittoresque, Burns se montre en outre cordial, moral, chrétien, patriote. Son épisode de Jenny introduit et personnifie la chasteté de l'émotion; la Bible, lue tout haut, renvoie sur toute la scène une lueur religieuse. Puis viennent ces hautes pensées sur la grandeur de la vieille Écosse qui s'appuie à de telles images du foyer: Sic fortis Etruria crevit. Nul exemple n'est capable de faire mieux saisir le côté quelque peu défectueux de l'école et de la manière que Bertrand adopta et poussa de plus en plus. Même à ses meilleurs moments, il s'est trop retranché des sources vives.—On ne saurait aussi, à propos de cette page, ne pas se souvenir de l'admirable tableau qui termine l'idylle de Théocrite, les Thalysies. Ces trois morceaux en regard appellent bien des pensées. Si enfin l'on y joint le charmant tableau de l'Euboïque de Dion Chrysostome et l'arrivée du naufragé dans la cabane du chasseur, on aura au complet tous les sujets de comparaison.

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