Note 162 — C.-A. SAINTE-BEUVE (continued 5)
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Note 162: (retour) La tabatière était alors le meuble indispensable, l'ornement de contenance, la source de l'esprit, fons leporum. Quand on réconcilia l'abbé Delille et Rivarol à Hambourg dans l'émigration, ils n'imaginèrent rien de mieux que d'échanger leurs tabatières. Le Prince-Évêque de Liège aurait bien pu dire à Berquin et à Léonard: «Et vitula tu dignus et hic... Vous êtes dignes tous les deux de la tabatière. »Léonard, sur la fin de son séjour à Liège, dut connaître le jeune baron de Villenfagne qui aimait la littérature, qui se fit éditeur des oeuvres choisies du baron de Walef (1779), et qui a depuis publié deux volumes de Mélanges (1788 et 1810) sur l'histoire et la littérature tant liégeoises que françaises. J'y ai cherché vainement le nom de Léonard; mais on y lit ce jugement sur le Prince-Evêque, alors régnant: «La Société d'émulation a pris naissance sous Welbruck; on le détermina à s'en déclarer le protecteur, mais il fit peu de chose pour consolider cet établissement. Welbruck était un prince aimable et léger, qui ne cherchait qu'à, s'amuser, et qui n'a paru favoriser un instant les belles-lettres et les arts que pour imiter ce qu'il voyait faire à presque tous les souverains de l'Europe.» (Mélanges, 1810, page 62.) Nous voilà édifiés, mieux que nous ne pouvions l'espérer, sur le Léon X de l'endroit. La Biographie universelle (article Welbruck) lui est plus favorable. (Voir dans le Bulletin du Bibliophile belge, tome IV, page 241, une Notice sur Léonard par M. Ferd. Hénaux, 1847.)