Note 23 — C.-A. SAINTE-BEUVE
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Note 23:
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Un Grec érudit de nos amis, M. Piccolos, dans les notes d'une traduction de
Paul et Virginie
en grec moderne (Firmin Didot, 1841), a cru pouvoir signaler avec précision quelques traces, encore inaperçues, du roman de
Théagène et Chariclée
, dans l'oeuvre de Racine. Ainsi, quand Racine a risqué le vers fameux,
Brûlé de plus de feux que je n'en allumai,
il ne faisait sans doute que se souvenir de son cher roman et du passage où Hydaspe, sur le point d'immoler sa fille et de la placer sur le bûcher ou foyer, se sent lui-même au coeur un foyer de chagrin plus cuisant: je traduis à peu près; les curieux peuvent chercher le passage: Racine, enfant, avait retenu ce jeu de mots comme une beauté, et il n'a eu garde de l'omettre dans Andromaque. Héliodore est le premier coupable; il aurait, au reste, racheté de beaucoup son crime, s'il était vrai, comme M. Piccolos le croit (page 343), qu'il eût fourni à Racine le germe d'une des plus belles scènes, dans Andromaque également. M. Ampère, dans un article sur Amyot, avait déjà cru saisir des analogies de ce genre. Mais je m'en tiens au brûlé de plus de feux: c'est une fort jolie trouvaille.