Note 15 — C.-A. SAINTE-BEUVE
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Note 15:
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On ne s'avise guère d'aller chercher dans les poésies diverses de Corneille les stances suivantes que M. Lebrun, l'auteur de
Marie Stuart
, sait réciter et faire valoir à merveille. On y surprend le vieux Corneille, un peu amoureux, mais encore plus glorieux et grondeur:
STANCES. Marquise, si mon visage A quelques traits un peu vieux, Souvenez-vous qu'à mon âge Vous ne vaudrez guère mieux. Le temps aux plus belles choses Se plaît à faire un affront, Et saura faner vos roses Comme il a ridé mon front. Le même cours des planètes Règle nos jours et nos nuits: On m'a vu ce que vous êtes, Vous serez ce que je suis. Cependant j'ai quelques charmes Qui sont assez éclatants Pour n'avoir pas trop d'alarmes De ces ravages du temps. Vous en avez qu'on adore; Mais ceux que vous méprisez Pourroient bien durer encore Quand ceux-là seront usés. Ils pourroient sauver la gloire Des yeux qui me semblent doux, Et dans mille ans faire croire Ce qu'il me plaira de vous. Chez cette race nouvelle Où j'aurai quelque crédit Vous ne passerez pour belle Qu'autant que je l'aurai dit. Pensez-y, belle marquise, Quoiqu'un grison fasse effroi, Il vaut bien qu'on le courtise, Quand il est fait comme moi.
Que dites-vous de ce ton? comme il est héroïque encore! Malherbe seul et Corneille peuvent s'en permettre un pareil. Don Diègue, s'il avait affaire à une coquette, ne parlerait pas autrement.