← Table of contents
Portraits littéraires, Tome I

Note (retour) — C.-A. SAINTE-BEUVE (continued 3)

Reading edition

Les petits dossiers restants, qui comprennent des plans et des esquisses d'idylles ou d'élégies, pourraient fournir matière à un triage complet; j'y ai glané rapidement, mais non sans fruit. Ce qu'on y gagne surtout, c'est de ne conserver aucun doute sur la manière de travailler d'André; c'est d'assister à la suite de ses projets, de ses lectures, et de saisir les moindres fils de la riche trame qu'en tous sens il préparait. Il voulait introduire le génie antique, le génie grec, dans la poésie française, sur des idées ou des sentiments modernes: tel fut son voeu constant, son but réfléchi; tout l'atteste. Je veux qu'on imite les anciens, a-t-il écrit en tête d'un petit fragment du poème d'Oppien sur la Chasse56; il ne fait pas autre chose; il se reprend aux anciens de plus haut qu'on n'avait fait sous Racine et Boileau; il y revient comme un jet d'eau à sa source, et par delà le Louis XIV: sans trop s'en douter, et avec plus de goût, il tente de nouveau l'oeuvre de Ronsard57. Les Analecta de Brunck, qui avaient paru en 1776, et qui contiennent toute la fleur grecque en ce qu'elle a d'exquis, de simple, même de mignard ou de sauvage, devinrent la lecture la plus habituelle d'André; c'était son livre de chevet et son bréviaire. C'est de là qu'il a tiré sa jolie épigramme traduite d'Évenus de Paros:

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings