Note (retour) — C.-A. SAINTE-BEUVE (continued 3)
Reading edition
que le comte du Luc. Une jolie comparaison du poëte avec l'abeille, vers la fin de la pièce, est empruntée et affaiblie d'Horace. Quant à l'harmonie tant vantée de ce simulacre d'ode, elle n'est que celle du mètre que Rousseau emploie, qu'il n'a pas inventé, et dont il ne tire jamais tout le parti possible. Rousseau n'invente rien: il s'en tient aux strophes de Malherbe; il n'a pas le génie de construction rythmique. S'il rime avec soin, c'est presque toujours aux dépens du sens et de la précision; la rime ne lui donne jamais l'image, comme il arrive aux vrais poëtes; mais elle l'induit en dépense d'épithètes et de périphrases. Félicitons-le pourtant d'avoir, avec Piron, La Faye, et quelques autres, protesté contre les déplorables violations de forme prêchées par La Motte et autorisées par Voltaire34.