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Portraits littéraires, Tome I

Note 24 — C.-A. SAINTE-BEUVE (continued 2)

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Note 24: (retour) De la poésie, c'est possible; mais de la religion, certes, il en avait pénétré l'essence. J'aurais plus d'un point à modifier aujourd'hui dans mon premier jugement; il a commencé à me paraître moins juste, quand des continuateurs exagérés me l'ont rendu comme dans un miroir grossissant. Je reprendrai le Racine chrétien au complet dans mon ouvrage sur Port-Royal; en attendant, je me borne à en tirer les remarques que voici: «Quelle erreur nous avons soutenue autrefois! Il nous paraissait qu'Athalie aurait été plus belle, s'il y avait eu les grandes statues dans le vestibule, le bassin d'airain, etc. Cela, au contraire, présenté disproportionnément, nous eût caché le vrai sujet, le Dieu un et spirituel, invisible et qui remplit tout.—Peu de décors dans Racine; et il a raison au fond: l'unité du Dieu invisible en ressort mieux. Lorsque Pompée, usant du droit de conquête, entra dans le Saint des Saints, il observa avec étonnement, dit Tacite, qu'il n'y avait aucune image et que le sanctuaire était vide. C'était un dicton populaire, en parlant des Juifs, que «Nil praeter nubes et coeli numen adorant.»

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