Note (retour) — PAR J. MARIE GUICHARD.
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Louis d'Orléans et Valentine de Milan sa femme eurent trois fils: Charles, l'aîné, d'abord comte d'Angoulême, puis duc d'Orléans, naquit à Paris le 26 mai 13915. Louis a laissé la réputation de ce qu'on peut appeler un prince lettré; il protégea Christine de Pisan, il rimait des ballades; passionné pour les fêtes et les plaisirs, sa maison était le rendez-vous des beaux esprits, des femmes séduisantes et des plus aimables gentilshommes6. On sait l'âme tendre et mélancolique de Valentine, son exquise beauté, son inépuisable amour pour un mari dont le libertinage sans frein était un scandale public; l'épouse résignée se voua toute entière à l'éducation de ses enfants. L'histoire n'offre point de figure plus gracieuse, plus chaste, ni plus touchante; tout chez cette femme, jusqu'à la douleur, a quelque chose d'élevé et de majestueux. Depuis le meurtre de La rue Barbette, Valentine avait adopté la devise devenue populaire: Rien ne m'est plus, plus ne m'est rien, et elle avait choisi pour emblème une chantepleure placée entre deux S, initiales de soucy et de soupirs 7. C'est en face de ces lugubres images et au milieu des plus sinistres catastrophes que Charles d'Orléans passa les années de sa jeunesse. En 1407, son père tombe sous le fer d'un assassin; en 1408, sa mère meurt épuisée par les larmes; en 1409, sa jeune épouse Isabelle 8 perd la vie en donnant le jour à une fille; et pendant tous ces désastres, Charles, qui est l'unique protecteur de deux jeunes frères, fait d'inutiles efforts pour tirer vengeance du duc de Bourgogne. Enfin le 25 octobre 1415, jour de la bataille d'Azincourt, les Anglais trouvèrent sous un tas de morts le duc d'Orléans blessé; ils l'emmenèrent prisonnier. Le poëte avait vingt-quatre ans.