Note 10 — VI L’affaire Sarrail
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Comment ne pas s’étonner que nos services de renseignements n’aient pas fait état de l’information que leur donnait l’Émir Fahrès-bey-el-Attrache ? Et comment ne pas signaler que ce n’est pas la seule faute grave qu’on leur puisse reprocher ?
Le 10 décembre 1924, c’est-à-dire plus d’un an avant l’arrivée de Sarrail, ne recevaient-ils pas d’un de leurs agents, familier de Mustapha-el-Khalil, chef de bandes transjordaniennes, une confidence dont on trouve la trace dans leurs archives, mais que, sans doute, ils jugèrent négligeable puisque jamais ils ne la communiquèrent au commandement.
« J’avais assisté, déclara cet agent, à toutes les réunions qui se tinrent chez Mustapha en juin et juillet. Il avait à sa disposition plusieurs bandes dont une sous ses ordres directs.
« Le rôle de ces bandes était de jeter le trouble en Syrie. Il fut décidé que, dès leur entrée en action, les Druses se soulèveraient. Mustapha attaqua les Français vers Deraa. Il fit plusieurs opérations entre le 1er et le 10 août, puis attendit les renforts druses qu’on lui avait promis et que Soltan Attrache devait commander. Ils ne vinrent pas.
« Tout ce mouvement était organisé par Riza Pacha Rikabi. »
Qui est Riza Pacha Rikabi ?
Un ancien ministre de Fayçal actuellement premier ministre d’Abdhalah, roi de Transjordanie. Ennemi acharné de la France, en constantes relations avec le Comité syro-palestinien du Caire, disposant d’armes et de capitaux importants, on le trouve mêlé à tous les mouvements dirigés contre nous par les Arabes fanatiques de Damas et les Druses.