Note (retour) — ACTE CINQUIÈME
François Guizot translation · Edition 7
OTHELLO.—Doucement: encore un mot ou deux avant que vous partiez. J'ai rendu à l'État quelques services; on le sait, n'en parlons plus. Je vous en prie, dans vos lettres, quand vous rendrez compte de ces faits déplorables, parlez de moi comme je suis, sans rien atténuer, sans rien aggraver par malignité. Alors vous parlerez d'un homme qui a trop aimé, mais qui ne sut pas aimer sagement; d'un homme qui ne devint pas aisément jaloux, mais qui, une fois excité, fut poussé jusqu'aux derniers excès; d'un homme dont la main, comme celle du Juif pervers25, a détruit une perle plus précieuse que toute sa race, d'un homme dont les yeux vaincus, quoique peu accoutumés à fondre en eau, répandent des larmes aussi abondamment que les arbres d'Arabie répandent leurs parfums.—Parlez de moi ainsi—et dites encore qu'un jour, dans Alep, un Turc insolent, portant le turban, frappait un Vénitien et insultait l'État, je saisis à la gorge ce chien circoncis, et le frappai ainsi.