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Oeuvres Completes de Rollin Tome 1, Histoire Ancienne Tome 1

Note (retour) — SECONDE PARTIE.

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Trente juges étaient tirés des principales villes 88 pour composer la compagnie qui jugeait tout le royaume. Le prince, pour remplir ces places, choisissait les plus honnêtes gens du pays, et mettait à leur tête 89 celui qui se distinguait le plus par la connaissance et l'amour des lois, et qui était le plus généralement estimé. Il leur assignait certains revenus, afin qu'affranchis des embarras domestiques, ils pussent donner tout leur temps à faire observer les lois. Ainsi, entretenus honnêtement par la libéralité du prince, ils rendaient gratuitement au peuple une justice qui lui est due de droit, et qui doit être également ouverte à tous les sujets, et encore plus, en un certain sens, aux pauvres qu'aux riches, parce que ceux-ci, par eux-mêmes, trouvent assez d'appui, au lieu que les autres, par leur état même, sont plus exposés à l'injure et ont plus besoin de la protection des lois. Pour éviter les surprises, les affaires étaient traitées par écrit dans cette assemblée. On y craignait la fausse éloquence, qui éblouit les esprits et émeut les passions. La vérité ne pouvait être expliquée d'une manière trop sèche, et l'on voulait qu'elle seule dominât dans les jugements, parce qu'elle seule devait être la ressource du riche et du pauvre, du puissant et du faible, du savant et de l'ignorant. Le président du sénat portait un collier d'or et de pierres précieuses, d'où pendait une figure sans yeux, qu'on appelait la Vérité. Quand il la prenait, c'était le signal pour commencer la séance. Il l'appliquait à la partie qui devait gagner sa cause, et c'était la forme de prononcer les sentences.

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