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Oeuvres Completes de Rollin Tome 1, Histoire Ancienne Tome 1

Note (retour) — SECONDE PARTIE. (continued 2)

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On en vint bientôt aux mains; et les légions romaines qui étaient aux deux ailes, voyant leur centre vivement attaqué, s'avancèrent pour prendre l'ennemi en flanc. Le corps d'Annibal, après une vigoureuse résistance, se voyant pressé de toutes parts, céda au nombre, et se retira par l'intervalle qu'il avait laissé dans le centre de la ligne. Les Romains l'y ayant suivi pêle-mêle avec chaleur, les deux ailes de l'infanterie africaine, qui était fraîche, bien armée et en bon ordre, s'étant tout d'un coup, par une demi-conversion, tournées vers ce vide dans lequel les Romains, déjà fatigués, s'étaient jetés en désordre et en confusion, les chargèrent des deux côtés avec vigueur, sans leur donner le temps de se reconnaître ni leur laisser de terrain pour se former. Cependant les deux ailes de la cavalerie venaient de battre celles des Romains, qui leur étaient fort inférieures; et, n'ayant laissé à la poursuite des escadrons rompus et défaits que ce qu'il fallait pour en empêcher le ralliement, elles vinrent fondre par-derrière sur l'infanterie romaine, qui, étant en même temps enveloppée de toutes parts par la cavalerie et l'infanterie des ennemis, fut toute taillée en pièces, après avoir fait des prodiges de valeur. Émilius, qui avait été couvert de blessures dans le combat, fut tué ensuite par un gros d'ennemis qui ne le reconnurent point, et avec lui deux questeurs, vingt-un tribuns militaires, plusieurs hommes consulaires ou qui avaient été préteurs, Servilius, consul de l'année précédente, et Minucius, qui avait été maître de la cavalerie sous Fabius, et quatre-vingts sénateurs. Il demeura sur la place plus de soixante-dix mille hommes 291; et les Carthaginois, acharnés contre l'ennemi, ne cessèrent de tuer, jusqu'à ce qu'Annibal, dans la plus grande ardeur du carnage, se fut écrié plusieurs fois: Arrête, soldat; épargne le vaincu 292. Dix mille hommes, qui avaient été laissés à la garde du camp, se rendirent prisonniers de guerre après la bataille. Le consul Varron se retira à Venouse, accompagné seulement de soixante-dix cavaliers; et quatre mille hommes 293 environ se sauvèrent dans les villes voisines. Du côté d'Annibal, la victoire fut complète; et il la dut principalement, aussi-bien que les précédentes, à la supériorité de sa cavalerie.

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