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Oeuvres Completes de Rollin Tome 1, Histoire Ancienne Tome 1

Note 55 — PREMIÈRE PARTIE.

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Note 55:

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Je ne vois nulle contradiction entre ces auteurs: il me paraît que Rollin ne s'est point assez pénétré du sens de leurs textes. Strabon n'a parlé que du temps employé par le Nil à rentrer dans son lit.

Hérodote dit: «Le Nil commence à grossir à partir du solstice d'été, et continue ainsi durant cent jours.» C'est à-peu-près ce qu'on lit dans Diodore de Sicile: «Le Nil commence à croître au solstice d'été, et s'arrête à l'équinoxe d'automne (I, § 36).» Sénèque dit la même chose, excepté que, selon lui, l'inondation se prolonge au-delà de l'équinoxe: «At Nilus ante ortum Caniculæ augetur mediis æstibus, ultra æquinoctium» (Quæst. Natur. IV, II, I). Cela est plus conforme à ce que dit Hérodote, et à ce que les voyageurs ont observé: car la crue s'étend assez ordinairement jusqu'au 30 septembre, et même jusqu'au 3 ou 4 octobre.

Voilà pour la crue du Nil. Quant à sa décroissance, Hérodote ajoute: «Il rétrograde et rentre tout-à-fait dans son lit, après le même nombre de jours.» Πελάσας δ' ἐς τὸν ἀριθµὸν τουτέων τὥν ἡµερέων, ὀπίσω ἀπέρχεται ἀπολείπων τὸ ῥέεθρον. Car c'est là le vrai sens de ce passage entrevu par Laurent Valla et Wesseling, et que M. Larcher n'a point saisi, s'étant trompé sur le sens de πελάσας (SCHWEIGH. ad h. loc. Herod.). Hérodote veut dire que le Nil ayant mis cent jours à croître, met cent autres jours à rentrer tout-à-fait dans son lit. Nous lisons la même chose dans Strabon: «Le Nil (parvenu à sa plus grande hauteur) reste stationnaire pendant plus de 40 jours de l'été; puis il baisse peu-à-peu, comme il s'était élevé; et 60 jours après, le sol est entièrement découvert, et même séché (lib. XVII, pag. 789).» Il s'écoule donc cent jours, comme dit Hérodote, entre le point de la plus grande hauteur et celui où le fleuve rentre dans son lit. Diodore de Sicile (I, § 36), et Aristide (tom. II, pag. 338), mettent la même égalité dans la durée de la crue et de la décroissance. Enfin Pline lui-même, au milieu de quelques erreurs légères, finit par dire, d'après Hérodote, qu'au bout du centième jour, le Nil est rentré dans son lit; c'est le sens du passage cité par Rollin: la seule difficulté est dans les mots in Libra, qui ne sont point dans Hérodote, et qui d'ailleurs sont une grave erreur: car, le Nil croissant jusqu'après l'équinoxe, c'est-à-dire, jusqu'au temps où le soleil entre dans la Balance; lorsqu'il est rentré dans son lit, cent jours après, le soleil doit se trouver dans le signe du Capricorne. L'erreur de Pline consiste donc en ce que, citant le témoignage d'Hérodote, il a ajouté mal-à-propos in Librâ: puisque ce signe correspond au commencement, et non à la fin de la décroissance des eaux du Nil. Ou l'auteur lui-même a fait la faute par précipitation, ce qui lui arrive souvent; ou les mots in Librâ sont une note marginale qui a passé dans le texte. La première supposition est plus probable, attendu que ces mots se trouvent dans tous les manuscrits de Pline, dans Solin, qui a copié cet auteur, et dans un passage de l'Irlandais Dicuil, qui écrivait au neuvième siècle.

A cette difficulté près, qui me paraît nulle au fond, les textes anciens d'Hérodote, de Strabon, de Diodore, d'Aristide, de Pline, s'accordent, sans exception, sur la durée de l'inondation du Nil.

Je remarquerai, dans tous les cas, que les crues présentent de grandes différences entre elles. Ainsi, par exemple, celle de 1799 s'éleva à la plus grande hauteur le 23 septembre; et celle de 1800 n'y parvint que le 4 oct. (GIRARD, sur l'exhaussement de la vallée du Nil, p. 10.)--L.

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