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Oeuvres Completes de Rollin Tome 1, Histoire Ancienne Tome 1

Note 46 — PREMIÈRE PARTIE.

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Note 46:

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Rollin a raison, d'après l'estimation donnée par Bossuet. La difficulté diminue, si l'on fait attention aux mesures dont les anciens se sont servis en cette occasion.

Le Birket-el-Kéroun, lac que l'on reconnaît maintenant pour être l'ancien Lac de Mœris, est un bassin naturel, encaissé par des montagnes qui l'environnent de toutes parts: il a existé de tout temps; et les travaux de Mœris n'ont pu avoir pour objet que de l'agrandir, ou de le rendre plus profond en certains endroits; ils n'ont donc pas tout le merveilleux que les anciens auteurs se sont plu à leur attribuer.

Par sa constitution physique, le Birket-el-Kéroun n'a jamais pu éprouver d'autre changement dans ses dimensions que celui qui provient de l'élévation ou de l'abaissement des eaux du Nil. Il doit être aussi grand de nos jours qu'il l'était dans l'antiquité. Dans le temps de l'inondation, ce lac n'a que 105 milles géographiques, ou 35 lieues, de circonférence.

Or, les 3,600 stades d'Hérodote, dans le module du stade égyptien, valent 137 lieues(et non 180, comme le dit Rollin, d'après Bossuet), ce qui est précisément le quadruple de la grandeur véritable: et, comme nous voyons dans Strabon qu'en Égypte il y avait des schènes de 30, 60 et 120 stades (STRAB. XIV, pag. 804), c'est-à-dire, doubles et quadruples les uns des autres, on peut supposer qu'Hérodote a fait ici quelque confusion de dimension, d'où il est résulté une mesure trop forte dans le rapport de 120 à 30, ou de 4 à 1. Ce genre de méprise, dont on pourrait rapporter ici d'autres preuves, explique naturellement une difficulté qu'on aurait beaucoup de peine à résoudre d'une autre manière.--L.

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