Note (retour) — PREMIÈRE PARTIE.
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On ne peut pas dire que Carthage eût entièrement renoncé à la gloire de l'étude et du savoir. Masinissa, fils d'un roi 193 puissant, qui y fut envoyé pour y être instruit et élevé, fait croire qu'il y avait dans cette ville quelque école propre à donner une bonne éducation. Corn. Nep. in vit. Annib. cap. 13. Cic. lib. 1 de Orat. n. 249. Plin. lib. 18, cap. 3. Le grand Annibal, qui en a fait l'honneur en tout genre, n'était pas ignorant dans les belles-lettres, comme on le verra dans la suite. Magon, autre général fort célèbre, n'a pas moins illustré Carthage par ses ouvrages que par ses victoires. Il avait écrit vingt-huit volumes sur l'agriculture; et le sénat romain en fit tant de cas, qu'après la prise de Carthage, lorsqu'il distribuait aux princes d'Afrique les bibliothèques qui s'y trouvèrent (nouvelle preuve que l'érudition n'en était pas absolument bannie), il donna ordre qu'on traduisît en latin ces livres sur l'agriculture, quoique l'on eût déjà ceux que Caton avait composés sur la même matière. Voss. de hist. græc. lib. 4. [p. 513.] Nous avons encore une version grecque d'un traité composé en langue punique 194, par Hannon, sur le voyage qu'il avait fait par ordre du sénat, avec une flotte considérable, autour de l'Afrique, pour y établir différentes colonies. On croit cet Hannon plus ancien que celui dont il est parlé du temps d'Agathocle.