Note (retour) — PREMIÈRE PARTIE.
Reading edition
Les Carthaginois ont reçu des Tyriens, non-seulement leur origine, mais leurs mœurs, leur langage, leurs usages, leurs lois, leur religion, leur goût et leur industrie pour le commerce, comme toute la suite le fera connaître. Ils parlaient le même langage que les Bochard, Part. 2, l. 2, cap. 16. Tyriens, et ceux-ci le même que les Cananéens et les Israélites, c'est-à-dire la langue hébraïque, ou du moins une langue qui en était entièrement dérivée. Leurs noms avaient pour l'ordinaire une signification particulière. Hannon signifie gracieux, bienfaisant; Didon, aimable ou bien-aimée; Sophonisbe, elle gardera bien le secret de son mari. Ils se plaisaient aussi, par esprit de religion, à faire entrer le nom de Dieu dans les noms qu'ils portaient, selon le génie des Hébreux. Annibal, qui répond à Ananias, signifie: Baal (ou le Seigneur) m'a fait grace; Asdrubal, qui répond à Azarias, signifie: le Seigneur sera notre secours. Il en est ainsi des autres noms, Adherbal, Maharbal, Mastanabal, etc. Le mot Pœni, d'où vient punique, est le même que Phœni ou Phéniciens, parce qu'ils tiraient leur origine de la Phénicie 174. On a dans le Pœnulus de Plaute une scène en langue punique qui a fort exercé les savants.